Bilan campagne agroclimatique au 30 mars 2026

AgroMetInfo

Cultures d'hiver (01/10/2025 - 30/03/2026)

Bilan agroclimatique version .pdf ICI

 

Températures moyennes journalières

https://www.agrometinfo.fr/app/#winter/meant/2026/-/-/n

 

Anomalie des températures moyennes journalières

https://www.agrometinfo.fr/app/#winter/meant/2026/-/-/y

 

Agrometinfo graphique 24
© AgroClim

Analyse :
Les températures moyennes sont particulièrement élevées depuis le début des semis des cultures d’hiver. En terme d’anomalies c’est dans la moitié nord de la France que celles-ci sont les plus importantes, avec une température moyenne de l’ordre de 7,6°C en moyenne entre le 1er octobre 2025 et le 30 mars 2026, qui est la valeur la plus élevée des 4 dernières années. Cela s’explique essentiellement par les températures subies depuis début 2026. Le Nord-Est, le Centre, la Bourgogne et le Jura sont particulièrement concernés par ces anomalies positives.

 

Cumul de précipitations

https://www.agrometinfo.fr/app/#winter/rainsum/2026/-/-/n


Anomalie du cumul de précipitations

https://www.agrometinfo.fr/app/#winter/rainsum/2026/-/-/y


 

Analyse :
La France est scindée en deux, avec le Centre, le Nord et le Nord-est (hormis les Vosges) déficitaires en terme de précipitations depuis octobre 2025, tandis que la Côte Atlantique depuis le Cotentin jusqu’au Pays Basque, le Sud-Ouest, les Cévennes et les Alpes cumulent une centaine, voire jusqu’à 300-400 mm de précipitations additionnelles par endroits. Bien que février 2026 ait été généralement pluvieux cela n’a pas permis de revenir à la normale partout en France.


Cumul de précipitations - Grand Est

https://www.agrometinfo.fr/app/#winter/rainsum/2026/44/-/n 

 

Anomalie du cumul de précipitations - Grand Est

https://www.agrometinfo.fr/app/#winter/rainsum/2026/44/-/y


 
Agrometinfo graphique 27
© AgroClim

Analyse :
Un focus sur le Grand-Est permet de mettre en évidence:
- d’une part une hétérogénéité des précipitations depuis octobre 2025, avec 200 mm le long du Rhin, autour de 250 mm sur le plateau lorrain et en Champagne, et jusqu’à 450 (voire 650)mm dans le Barrois et les Vosges. Toutefois l’ensemble de la région, hormis les Vosges, a subi un défaut de précipitations comparativement à la normale, de l’ordre de 40 à 100 mm, essentiellement dans la moitié Ouest de la région.


Nombre de jours avec Tmin < 0°C

https://www.agrometinfo.fr/app/#winter/frostdaystmin/2026/-/-/n

 

Anomalie du Nombre de jours avec Tmin < 0°C

https://www.agrometinfo.fr/app/#winter/frostdaystmin/2026/-/-/y 


 
Agrometinfo graphique 26
© AgroClim

Analyse :
On observe un fort déficit en nombre de jours de gel, bien que les épisodes plus froids fin novembre et fin décembre-début janvier aient probablement permis de remplir les besoins en froid des cultures ayant besoin d’une période de vernalisation ou de dormance. Les régions dont l’automne et l’hiver ont été les plus doux relativement à la normale sont le Nord, le Nord-Est, la Bourgogne et le Centre, avec 1 mois de gel en moins que la normale. Par endroits comme dans certaines régions de moyenne montagne (Bugey par exemple) ce déficit de gel atteint 40 jours.


Commentaire général

Le bilan réalisé avec la plateforme AgroMetInfo a permis de mettre en évidence des températures anormalement douces depuis le début des semis des cultures d’hiver, en particulier durant la période hivernale. En effet, les températures ont été anormalement élevées depuis la deuxième quinzaine de janvier. Par ailleurs, malgré un manque de jours de froid très marqué, atteignant 1 mois de déficit de gel dans certaines régions, les deux périodes froides de fin novembre et fin décembre-début janvier ont permis de remplir les besoins en froid des arbres (pour assurer leur levée de dormance) et des céréales (en lien avec leur vernalisation). Ainsi, la confluence de deux évènements, froid jusqu’à début janvier et très chaud depuis, a accéléré le développement de la végétation partout en France et de manière très significative dans la moitié nord. Cette conjoncture a accru le risque de gel pour nombre d’espèces fruitières (abricotiers, pêchers, pommiers) et pour la vigne, dont les dates de floraison et de débourrement ont été avancées de 2 à 3 semaines dans certaines régions. L’épisode de gel qui a eu lieu dans les nuits du 26 au 30 mars a très certainement impacté ces espèces dans certaines régions de production.

Enfin, les précipitations s’avèrent très hétérogènes sur l’ensemble du territoire avec un déficit très marqué dans le Nord-Est et des valeurs largement excédentaires dans la moitié sud.

Il y a encore beaucoup d’incertitudes sur l’évolution climatique des prochains mois concernant la pluviométrie(1). Un printemps 2026 normalement pluvieux permettrait de ne pas aggraver le déficit hydrique dans les régions du nord et favoriserait la croissance des cultures d’hiver ou l’implantation des cultures de printemps. En revanche une forte pluviométrie pourrait conduire à un scenario comparable à l’année 2024 (ou à l’année 2016). Enfin, une sécheresse de printemps aurait un impact très négatif pour les cultures d’hiver déjà bien développées et dont les besoins en eau sont dès lors importants pour maintenir leur rythme de croissance. Cela rendrait également les semis et l’implantation des cultures de printemps délicates.   

(1) https://meteofrance.fr/actualite/publications/les-tendances-climatiques-trois-mois

 

Ressources

Sites internet
Plateforme AgroMetInfo - https://www.agrometinfo.fr/
Unité de Service AgroClim - https://agroclim.inrae.fr
Métaprogramme CLIMAE – https://climae.hub.inrae.fr/
Plateforme ClImpact d’INRAE - https://climpact.inrae.fr/

Documents autour des impacts et l’adaptation au changement climatique (gratuits)
Livre sur l’adaptation de l’agriculture au changement climatique - ici
Livre sur l’adaptation de la vigne et du vin au changement climatique - ici

Autres documents d’intérêt
Revue Ressources - https://www.inrae.fr/ressources