Bilan agroclimatique Juillet 2026

Observations remarquable au 15 juillet 2026

Période 01/04/2026 - 15/07/2026

Bilan agroclimatique version .pdf ICI

Températures moyenne journalières

https://www.agrometinfo.fr/app/#summer/meant/2026/-/--/n

 

Anomalie des températures moyennes journalières

https://www.agrometinfo.fr/app/#summer/meant/2026/-/-/y

3_Analyse
© AgroClim

Analyse :
Les températures moyennes observées depuis le 1er avril montrent des valeurs extrêmement élevées (courbe en gras et en bleu sur le graphe de gauche), ayant largement dépassé la normale depuis la mi-juin (surface en bleu clair sur le graphe). Les valeurs d’anomalies varient entre +1.4°C (Hauts de France, Grand Est, Alpes et pourtour méditerranéen) et +4.7°C (régions Centre-Val de Loire, Pays de Loire et Nouvelle Aquitaine notamment). Ces valeurs s’expliquent notamment par des températures maximales qui ont atteint des anomalies proches de + 6°C. Les températures minimales restent aussi extrêmement élevées pour la période (jusqu’à +3.6°C).

Cumul de précipitations

https://www.agrometinfo.fr/app/#summer/rainsum/2026/-/-/n

 

Anomalie du cumul de précipitations

https://www.agrometinfo.fr/app/#summer/rainsum/2026/-/-/y

6_Analyse
© AgroClim

Analyse :
Après un début d’année très pluvieux, notamment sur la façade ouest, la situation s’est fortement dégradée sur l’ensemble du territoire depuis le 1er avril. Ainsi, au 15 juillet la France se trouve en situation de déficit de pluviométrie extrême. Certaines régions allant du Grand-Est au Pays Basque observent de déficits allant jusqu’à -222 mm pour la période. Seulement 6 petites régions agricoles des Alpes montrent des valeurs légèrement supérieures aux normales de saison. Ces conditions ont et vont affecter significativement la productivité des cultures de printemps (notamment le maïs pluvial) et la production des prairies (dans la presque totalité des régions de montagne).

 

Nombre de jours avec Tmax > 25°C

https://www.agrometinfo.fr/app/#summer/hdaystmax1/2026/-/-/n

 

Anomalie du Nombre de jours avec Tmax > 25°C

https://www.agrometinfo.fr/app/#summer/hdaystmax1/2026/-/-/y

9_Analyse
© AgroClim

Analyse :
Depuis le premier avril, le nombre de jours supérieurs à 25°C a observé une augmentation quasi exponentielle. Alors que des valeurs en dehors de la normale avaient été observés depuis le début avril et fin mai (pouvant affecter la floraison et mise en place du rendement de plusieurs espèces), celui-ci a augmenté de façon quasi constante notamment depuis la mi-juin. Certaines régions du centre et de l’ouest de la France ont observé des anomalies de plus de 30 jours comparées à la normale.

Nombre de jours avec Tmax > 35°C

https://www.agrometinfo.fr/app/#summer/hdaystmax/2026/-/-/n 

 

Anomalie du Nombre de jours avec Tmax > 35°C

https://www.agrometinfo.fr/app/#summer/hdaystmax/2026/-/-/y

 

12_Analyse
© AgroClim

Analyse :
Trois épisodes caniculaires (flèches rouges, graphe de gauche) ont été observées depuis le 1er avril. Le premier très localisé dans la région sud-ouest et le Languedoc-Roussillon, a surpris par sa précocité à un moment au plusieurs cultures étaient en fin de maturité (blé, orge), pleine floraison (la vigne notamment) ou en début de croissance (cultures de printemps). Les deux suivants (fin juin et début juillet) ont été d’une intensité et durée non observées depuis au moins 2003. Par comparaison, nous avons indiqué sur les courbes par une ligne rouge en pointillés le niveau d’intensité des canicules observées en 2025 jusqu’à la fin août et qui a été largement dépassé à la mi-juillet en 2026.

Commentaire général

Le bilan agroclimatique réalisé avec la plateforme AgroMetInfo a permis de mettre en évidence que la France connaît des températures moyennes exceptionnellement élevées depuis le 1er avril. Ces températures ont eu comme conséquence directe une très forte accélération des cycles de développement de toutes les cultures. Ainsi, on a observé une nette avance de plusieurs semaines de la floraison de la vigne, mais aussi un démarrage beaucoup plus précoce des moissons de blé. Cette accélération du cycle de développement des végétaux a été par contre très fortement perturbé par des températures maximales anormalement élévées (+30 jours d’anomalie observées dans certaines régions pour des températures supérieures à 25°C pouvant affecter les rendements du blé notamment) et une suite de plusieurs vagues de chaleur successives. Ainsi, trois épisodes caniculaires ont été recensés depuis le début avril : le premier, très localisé dans le Sud‑Ouest et le Languedoc‑Roussillon, a coïncidé avec des cultures d’hiver en pleine maturité ou en floraison (vigne), puis deux vagues supplémentaires (fin juin et début juillet) d’une intensité et d’une durée jamais observées depuis 2003. Ces vagues de chaleur successives s’ajoutent à un déficit pluviométrique généralisé sur l’ensemble du territoire qui atteint jusqu’à –222 mm du Grand‑Est au Pays‑Basque. La combinaison de chaleur intense et de manque d’eau affecte fortement la productivité des cultures de printemps (maïs pluvial) et la production fourragère des prairies, tout en augmentant le risque d’échaudage des céréales d’hiver (blé, orge) et de stérilité du pollen ou de desséchement des soies pour le maïs et l’orge de printemps, altérant la fécondation. Les fortes températures affectent aussi l’élevage (outre la possible pénurie de fourrage) avec des impacts allant d’une forte diminution de la production (laitière mais aussi sur la croissance des animaux), jusqu’à la mortalité de certains élevages notamment avicoles. Enfin, la combinaison de ces conditions a favorisé plusieurs impacts allant des brûlures solaires sur les cultures maraîchères (par exemple par la destruction des fleurs) et fruitières (perte de qualité visuelle), une accélération de la sénescence des plantes (jaunissement des feuilles avec comme conséquence un arrêt de croissance voire une mortalité), le déclenchement de feux agricoles, une désorganisation des récoltes (aménagement des horaires et accélération des cueillettes) ce qui menace à la fois la production et la résilience des systèmes agro‑alimentaires.

Les tendances identifiées(1) pour les mois à venir montrent une certaine continuité concernant les températures (supérieures à la normale) mais des incertitudes concernant la pluviométrie (sauf dans le nord de la France où un scénario plus sec semble plus probable). Dans un tel contexte, la possibilité d’avoir de nouvelles canicules ne peut pas être écarté, et leur combinaison avec un déficit pluviométrique encore prolongé aurait un impact négatif sur la production des cultures récoltées à la fin de l’été (notamment la vigne, certains fruitiers, tournesol ou maïs).

(1)https://meteofrance.fr/actualite/publications/les-tendances-climatiques-trois-mois

Ressources

Sites internet

Plateforme AgroMetInfo - https://www.agrometinfo.fr/
Unité de Service AgroClim - https://agroclim.inrae.fr
Métaprogramme CLIMAE – https://climae.hub.inrae.fr/
Plateforme ClImpact d’INRAE - https://climpact.inrae.fr/

Documents autour des impacts et l’adaptation au changement climatique (gratuits)

Livre sur l’adaptation de l’agriculture au changement climatique - ici
Livre sur l’adaptation de la vigne et du vin au changement climatique - ici

Autres documents d’intérêt

Revue Ressources - https://www.inrae.fr/ressources